Le temps de prendre position
Quelques jours avant de mettre en ligne le nouveau Yozik, et pour reprendre le fil de ce blog, voici mon point de vue sur la situation de la musique sur internet :
Une position de principe tout d’abord : la gratuité n’est pas la panacée, et nous entraîne vers un monde culturellement plus pauvre. Non pas que les artistes chanteurs et musiciens ne vivraient plus de leur création dans un monde où la musique serait gratuite, car tous ceux avec qui j’ai pu travailler vivent principalement de leurs concerts, la vente de disque n’étant qu’une cerise sur le gâteau. Mais parce que plus aucun acteur professionnel ne pourra intervenir auprÚs d’eux, faute de revenus suffisant. Or ces acteurs, principalement les labels, sont indispensables à la diffusion d’une création, et à ce qu’on appelle dans le jargon le développement d’un artiste. C’est du travail et ça coûte de l’argent. Sans eux les artistes continueront à créer et jouer parce qu’ils ont ça dans le sang, mais attendront longtemps (trop longtemps) pour se faire connaître suffisamment hors de leur premier cercle, et partir en tournée. Bref ce sera malgré tout trÚs dur économiquement pour les artistes, et une société qui ne nourrit pas ses artistes verra sa culture moribonde, tournée vers le passé et sans évolution créative.
Un constat de fait : le disque a fait gagner beaucoup d’argent depuis 40 ans, c’est ce qui explique l’apparition et la puissance de mostodontes à l’échelle de la planête : les majors. Dans le sillage de ces géants, les professionnels n’ont pas pris la mesure du mouvement qu’internet leur imposait, et ont laissé se développer la pratique du piratage sans faire le moindre effort pour proposer aux internautes de solution légale et payante au moins aussi confortable que le peer to peer et l’échange de discothÚque entre amis. Cet aveuglement se poursuit car beaucoup pensent encore qu’en mettant en vente leur musique en mp3, ils vont favoriser le piratage de leurs oeuvres.
La suite de l’histoire sera faite par les multinationales du cinéma, qui ont pour l’instant été plus clairvoyantes et plus efficaces dans leur communication Ce n’est pas seulement une histoire de DRM sophistiqués, et de sanctions qui vont avec, c’est avant tout un usage à promouvoir par une communication plus forte mais moins moralisatrice.
Notre conviction enfin, c’est qu’on peut faire venir une partie des internautes à des pratiques payantes de la musique sur internet, en leur proposant une consommation et un usage plus facile, et qui renforcent la proximité avec les artistes. C’est ce que nous proposons grâce à Yozik, avec peu de moyens et beaucoup d’imagination :
- donner des titres à télécharger en proposant l’inscription à la newsletter des artistes
- soigner les fans en les abreuvant de bonus et exclusivités
- leur permettre d’acheter simplement sur le site de l’artiste, sans DRM, et avec la satisfaction de participer …
à trÚs bientÎt





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